Le jeu taquin, aussi appelé pousse-pousse ou 15-puzzle, incarne cette simplicité géniale qui a traversé plus d’un siècle sans prendre une ride. Derrière ce petit carré de 15 pièces numérotées à remettre dans l’ordre se cache un véritable phénomène de collection, particulièrement pour les versions publicitaires des années 70-90 qui évoquent l’enfance de toute une génération.
Entre les modèles anciens en bois précieux, les éditions publicitaires Pingouin ou Nestlé, et les versions Disney vintage, le marché offre une diversité insoupçonnée pour les chineurs patients.
Le jeu taquin naît au début des années 1870 aux États-Unis sous le nom de « 15-puzzle », inventé par Palmer Chapman. Le principe est d’une simplicité mathématique : 15 pièces numérotées de 1 à 15 coulissent dans un cadre 4×4, laissant une case vide qui permet les déplacements. L’objectif consiste à remettre les numéros dans l’ordre après les avoir mélangés.
Le mathématicien et créateur d’énigmes Sam Loyd popularise le jeu en lançant un défi avec récompense : remettre dans l’ordre une configuration spécifique (14 et 15 inversés). Ce défi mathématiquement impossible crée un engouement phénoménal en Amérique puis en Europe, transformant ce casse-tête en véritable phénomène de société dans les années 1880.

En France, le jeu arrive sous le nom de « taquin » et connaît immédiatement un grand succès. Le magasin parisien Alphonse Giroux commercialise ce « nouveau casse-tête américain » dans une version luxueuse où les 16 pièces sont réalisées comme des dominos, avec une partie supérieure en os et le dessous en bois d’ébène.
Tous les éditeurs français de jeux (Mauclair-Dacier, Watilliaux, Atlas Paris) mettent rapidement le taquin à leur catalogue. Les versions se multiplient : cubes en bois biseautés, pièces en simili-nacre, numéros encadrés sous verre. Ces modèles anciens en bois de qualité représentent aujourd’hui les pièces les plus recherchées par les collectionneurs exigeants.
Les taquins publicitaires Pingouin (la marque de laine à tricoter) figurent parmi les plus emblématiques et recherchés. Distribués dans les années 1970 comme objets promotionnels, ces petits puzzles plastique arborent le logo du pingouin et des visuels colorés typiques de la décennie.
Prix actuels : 5-15€ selon l’état et la rareté du visuel.

Les taquins Nestlé, notamment les versions Jacky (chocolat) ou liées aux céréales, constituent une autre catégorie très prisée. Ces objets publicitaires offerts dans les années 80-90 présentent souvent des personnages de dessins animés ou des mascottes de marques.
D’autres marques alimentaires ont également distribué des taquins : Courte-Paille (restaurants), Ricoré, Gervais, Buffalo Grill. Les collectionneurs thématiques recherchent activement ces pièces pour compléter leurs ensembles dédiés à une marque ou une enseigne spécifique.
Les entreprises françaises ont largement utilisé le taquin comme support publicitaire. Les versions Air Inter (compagnie aérienne disparue) sont particulièrement recherchées pour leur dimension nostalgique, se négociant entre 10 et 20€.
Les taquins Total, Shell, Esso (stations-service), Peugeot (automobiles), ou Kodak (photographie) Cora (hypermarchés) attirent les collectionneurs thématiques.

Les taquins Disney vintage, notamment « La Belle et le Clochard » ou autres classiques des années 60-80, représentent une catégorie premium. Ces pièces combinent collection Disney et nostalgie du jeu taquin, créant une double désirabilité.
Prix moyens : 15-40€ selon le personnage, l’état et la rareté. Les versions avec emballage d’origine « Walt Disney Character Riddle » sont les plus valorisées. D’autres licences recherchées : Astérix, Lucky Luke, personnages de dessins animés français.
Les taquins anciens en bois des années 1880-1920 constituent le haut de gamme de la collection. Les versions en bois précieux avec pièces biseautées, chiffres peints à la main ou incrustés sous verre témoignent du soin apporté aux jeux d’époque.
Les pièces exceptionnelles comportant des matériaux nobles (os, ivoire, ébène comme la version Alphonse Giroux) peuvent atteindre 200-300€ en parfait état, mais ils sont assez rares, il faudra vous armer de patience pour espérer en trouver un.
Plusieurs indices permettent d’identifier les taquins en bois anciens :
Les versions avec numéros sous verre (petite plaque de verre protégeant le chiffre peint) sont particulièrement prisées. L’état compte énormément : un jeu complet de ses 15 pièces d’origine en bon état vaudra 3-5 fois plus qu’un exemplaire incomplet ou très usé.
Face à la diversité des taquins, définir un axe de collection s’impose : versions publicitaires d’une marque précise (Nestlé, Total), taquins d’une décennie (années 70, 80), modèles anciens en bois, thématique Disney/personnages, ou collection exhaustive chronologique.
Les collections thématiques (stations-service, marques alimentaires, compagnies aériennes) offrent un cadre structurant et permettent de développer une expertise pointue sur un segment précis. Budget moyen pour constituer une collection de 50 pièces : 200-400€.
Les brocantes et vide-greniers restent les terrains de chasse privilégiés, ces petits objets se glissant souvent dans les cartons de jeux anciens à 1-2€ pièce, voir même moins si vous réussissez a faire un lot. Les vendeurs ignorent généralement la valeur des taquins publicitaires rares, permettant de belles trouvailles.
Si le prix n’est pas un frein pour vous, alors vous en trouverez sur des sites type Ebay, Etsy ou même leboncoin.

Pour les taquins plastique, vérifiez l’absence de jaunissement (signe de vieillissement du plastique), la lisibilité du visuel (pas trop effacé), et le fonctionnement des pièces coulissantes. L’emballage d’origine multiplie la valeur par 2-3.
Les taquins bois nécessitent plus de vigilance : vérifier les 15 pièces (un taquin incomplet perd 70% de sa valeur, c’est inutile de l’acheter c’est quasiment invendable), l’état du boîtier (fentes, casse), la lisibilité des numéros. Un taquin ancien restauré professionnellement conserve sa valeur, contrairement aux restaurations amateur maladroites.
Le jeu taquin illustre parfaitement comment un objet utilitaire devient témoin patrimonial d’une époque. Des versions luxueuses en bois et ivoire du XIXe siècle aux petits taquins plastique offerts par Pingouin ou Nestlé, chaque pièce raconte une histoire de notre rapport aux jeux, à la publicité et à la nostalgie.
Accessible financièrement (collections complètes à quelques centaines d’euros), facile à stocker (petits objets peu encombrants), et riche en variété, le taquin vintage offre un terrain de collection idéal pour les amateurs de rétro et de souvenirs d’enfance.
Les brocantes et vides greniers réservent encore de belles surprises pour les chineurs patients !