Horloge comtoise ancienne : reconnaître, dater et estimer son prix

Fronton en laiton, cadran émaillé, balancier qui oscille dans une caisse peinte : l’horloge comtoise est née dans le Haut-Jura vers 1680. Voici comment la dater, repérer un mariage et connaître sa vraie valeur en 2026.

Bijoux & horlogerie Par Corentin Mis à jour le 18 octobre 2026 13 min de lecture

En un coup d'œil

Combien ça vaut
  • Souvent 50 à 120 € pour une comtoise du XIXe en salle des ventes
  • 500 à 2 600 $ pour un mouvement du XVIIIe
Époque
  • Vers 1680 au début du XXe siècle
  • Pièces les plus courantes : XIXe siècle
Où regarder

Nom peint sur le cadran, le plus souvent celui du revendeur et de sa ville, rarement celui du fabricant

Rareté
  • Très commun (XIXe siècle)
  • Peu commun (cadran à cartouches, fronton coulé)
  • Rare (une aiguille, fin XVIIe)

Prix constatés en brocante et en salle des ventes, détaillés et sourcés dans la fiche ci-dessous.

L’horloge comtoise est une horloge à poids et à balancier fabriquée dans le Haut-Jura (Morbier, Morez, Foncine) de la fin du XVIIe siècle au début du XXe siècle. On la reconnaît à son mouvement logé dans une cage en fer, à son fronton en laiton au-dessus du cadran et, le plus souvent, à sa haute caisse en bois peint ou ciré. Pour la dater, regardez le fronton, le cadran, le balancier et le nombre d’aiguilles. Côté prix, une comtoise courante du XIXe siècle est souvent estimée entre 50 et 120 € en salle des ventes, alors qu’un mouvement du XVIIIe siècle peut dépasser 2 000 $.

L'essentiel en bref

Qu'est-ce qu'une horloge comtoise ?

Une horloge comtoise est une horloge mécanique à poids, réglée par un balancier, dont le mouvement est monté dans une cage en fer démontable. Deux mécanismes y sont placés côte à côte : l’un fait tourner les aiguilles, l’autre commande la sonnerie. Chacun est entraîné par un poids en fonte, d’environ 5 kg selon Wikipédia.

On l’appelle aussi horloge de Morbier ou de Morez, du nom des villages du Haut-Jura où elle était fabriquée. La haute caisse en bois (la « gaine ») ne fait pas partie de l’horloge d’origine : le mouvement pouvait être vendu nu et accroché au mur, la gaine étant ajoutée ensuite, souvent fabriquée loin du Jura.

Horloge comtoise murale sans caisse avec fronton en laiton, cadran émaillé, deux poids et balancier
Comtoise des années 1830 présentée sans gaine, avec ses deux poids et son balancier (Vorarlberg Museum, Bregenz). Photo : Photo: Andreas Praefcke, domaine public, via Wikimedia Commons.

La comtoise se distingue ainsi d’une pendule ancienne de cheminée, qui fonctionne à ressort et tient sur un meuble. Elle doit être suspendue ou posée dans sa gaine, avec assez de hauteur pour la descente des poids pendant toute la durée de marche.

Histoire : de Morbier à Morez, deux siècles de production

L’horloge comtoise naît dans le Haut-Jura à la fin du XVIIe siècle. Selon un récit de 1821 repris par l’Inventaire du patrimoine de Bourgogne-Franche-Comté, un membre de la famille Mayet, de Morbier, aurait copié en fer l’horloge en bois du couvent des capucins de Saint-Claude vers 1660 ; l’Inventaire précise qu’il s’agirait plutôt de Claude Mayet, né en 1619, aidé de ses quatre fils. Les Mayet réduisent ensuite le format de ces horloges et adoptent le pendule décrit par Huygens en 1673 : l’écart de marche passe alors de 10 à 15 minutes à 10 à 15 secondes par jour.

L’activité gagne rapidement Bellefontaine, Foncine-le-Bas, Foncine-le-Haut, Fort-du-Plasne et Morez, où se concentrent forges, fonderies et émailleurs. Le travail se fait d’abord à domicile, sous la direction de négociants, puis dans des usines au XIXe siècle (Odobey, Bailly-Comte, Cretin-l’Ange). En 1882, le canton de Morez compte 55 fabriques et 3 275 emplois.

Les dates clés de l'horloge comtoise

  • Premières horloges comtoises vers 1680

    Très probablement dans la région de Morez, selon Wikipédia.

  • Horloge de l'église d'Orgelet 1685

    Un des premiers exemples datés de mouvement « cage fer » dans le Jura.

  • Comtoise de Pierre Claude Mayet vers 1720-1730

    Horloge d'applique conservée au musée de la Lunette, à Morez.

  • Production du canton de Morez 1867

    100 000 horloges comtoises et d'édifice, 80 000 caisses d'horloges.

  • Production en recul 1901

    35 000 comtoises, concurrencées par les coucous de la Forêt-Noire.

  • Fin de la production industrielle 1915

    Selon Wikipédia ; un musée allemand retient 1939.

  • Relance du mouvement « cage fer » 1969

    Jean Sdrigotti, à Besançon, puis l'entreprise SERAMM.

Les chiffres de production varient selon les sources : l’Inventaire régional cite 100 000 horloges comtoises et d’édifice pour le seul canton de Morez en 1867, le musée de l’horlogerie de la Sarre avance 100 000 comtoises en 1887, et Wikipédia en anglais parle de plus de 60 000 pièces par an entre 1850 et 1890. Tous s’accordent sur un point : la comtoise a été fabriquée en très grand nombre, ce qui explique qu’on en trouve encore partout en France.

Comment dater une horloge comtoise ?

Pour dater une horloge comtoise, on combine quatre indices : le fronton (la plaque décorative en laiton au-dessus du cadran), le cadran, le balancier et le nombre d’aiguilles. Aucun indice ne suffit seul, car les pièces ont souvent été remplacées au fil du temps. Ce sont leur cohérence et la qualité du mouvement qui permettent de situer l’horloge.

Cadran émaillé blanc à chiffres romains entouré d'un décor en laiton repoussé de fleurs et de corbeille
Cadran émaillé et entourage en laiton repoussé et peint, typiques des comtoises du XIXe siècle. Photo : Renhour48, CC0, via Wikimedia Commons.

Repères de datation : cadran, aiguilles et fronton

  • Cadran en laiton, une seule aiguille vers 1680-1720

    Aiguille des heures seule, balancier placé derrière les poids, caisse en fer.

  • Cartouches émaillés à partir de 1720

    Douze petites plaques émaillées pour les heures ; cadrans émaillés d'abord achetés en Suisse.

  • Fronton en laiton coulé vers 1720-1725

    Coq, soleil ou aigle. Les frontons antérieurs sont simplement découpés.

  • Deux aiguilles, 24 ou 25 cartouches vers 1760

    Apparition de l'aiguille des minutes, selon le musée de la Sarre.

  • Cadran entièrement émaillé 2e moitié XVIIIe

    Souvent signé, du nom de l'horloger ou du revendeur.

  • Fronton à bonnet phrygien Révolution

    Ou figure de la Liberté.

  • Fronton à l'aigle ou à Napoléon Empire

    Décor impérial.

  • Fronton en laiton estampé après 1815-1820

    Repoussé à la presse, d'abord en deux parties, puis d'un seul tenant avec l'entourage du cadran.

  • Cadran à lunette à partir de 1870

    Simple anneau de laiton, pour écoles, gares et bureaux.

Sources : Inventaire du patrimoine de Bourgogne-Franche-Comté, Wikipédia, guide du musée de l’horlogerie de la Sarre. Dates indicatives.

Les sources ne donnent pas la même date pour le fronton estampé d’un seul tenant avec l’entourage du cadran : le musée de la Sarre le situe à partir de 1840, Wikipédia dans la seconde moitié du XIXe siècle. Retenez qu’un grand décor de laiton repoussé encadrant tout le cadran désigne une comtoise du XIXe siècle, la période la plus représentée en brocante. Selon Wikipédia, les frontons au coq et au soleil sont associés à la Restauration.

Horloge comtoise à une aiguille : est-elle forcément ancienne ?

Une horloge comtoise à une seule aiguille appartient en principe aux premières générations, avant l’apparition de l’aiguille des minutes vers le milieu du XVIIIe siècle. L’horloge de Pierre Claude Mayet conservée à Morez, datée vers 1720-1730, n’a qu’une aiguille, un cadran en laiton et un balancier en plomb au bout d’une chaînette. Mais une aiguille seule ne prouve rien si le reste ne suit pas : vérifiez que le cadran, la cage et le fronton sont cohérents avec cette époque.

Horloge comtoise balancier et mécanisme : ce qu'ils révèlent

Le balancier d’une horloge comtoise a beaucoup évolué, ce qui en fait un bon indice de datation. Sur les modèles anciens, c’est une simple masse de plomb au bout d’un fil ou d’une chaînette, placée à l’arrière ; au XIXe siècle, il devient une grande pièce de laiton estampé, dorée et peinte, parfois animée d’un automate.

Repères de datation : le balancier

  • Masse de plomb sur fil ou chaînette fin XVIIe-XVIIIe

    Balancier suspendu derrière le mouvement.

  • Balancier à disque (lentille) vers 1815

    Tige rigide terminée par une lentille de laiton.

  • Balancier en lyre ou à grille vers 1850

    Mis en valeur par les gaines arrondies.

  • Balancier repoussé richement décoré vers 1860 et après

    Laiton estampé, doré, peint, parfois animé.

Sources : guide du musée de l’horlogerie de la Sarre, Inventaire du patrimoine de Bourgogne-Franche-Comté, Wikipédia.

Balancier de comtoise en laiton repoussé et peint à décor de fleurs vu par la fenêtre d'une caisse en bois
Balancier en laiton repoussé et peint, visible par la fenêtre de la gaine. Photo : Renhour48, CC0, via Wikimedia Commons.

Le mécanisme d'une horloge comtoise

Le mécanisme d’une horloge comtoise se reconnaît à sa cage en fer : des piliers et des platines en fer maintiennent les rouages, avec deux trains côte à côte. Le timbre (la cloche) en bronze est placé au-dessus. Sur les mouvements du XVIIIe siècle décrits par les maisons de ventes, on trouve souvent un échappement à verge, une suspension à fil et parfois un réveil. Certains modèles possèdent une répétition de la sonnerie.

Mouvement de comtoise en cage de fer avec ses rouages en laiton et son timbre au sommet
Mouvement de comtoise en cage de fer, avec ses rouages et son timbre. Photo : Migo47, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Attention : une cage en fer ne garantit pas l’ancienneté. Selon Wikipédia, l’entreprise SERAMM de Jean Sdrigotti, qui relance ce mouvement à Besançon en 1969, a produit jusqu’à 1 000 mouvements « cage fer » par mois dans les années 1970-1980. Des fabricants comme Vuillemin, à Besançon, ou Converset, à Héricourt, ont aussi entretenu cette tradition.

La caisse d’une horloge comtoise n’était pas fabriquée par l’horloger du Jura : selon Wikipédia, les gaines en bois étaient réalisées dans toute la France et adaptées au style régional, avec une grande variété de décors, souvent floraux. Le village jurassien de Bois-d’Amont en produisait aussi un grand nombre en épicéa. Une même famille de mouvements se retrouve donc dans des meubles très différents.

Rangée d'horloges comtoises à caisses en sapin, violonées ou droites, avec balanciers visibles
Gaines en bois clair : la plupart sont violonées, d'autres ont des flancs droits. Photo : Arnaud 25, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
  • Les caisses droites ont des flancs rectilignes ; une fenêtre laisse parfois voir le balancier.
  • Les caisses violonées, au ventre arrondi, se répandent dans la seconde moitié du XIXe siècle : elles mettent en valeur le grand balancier en lyre ou repoussé.
  • Les caisses régionales varient selon le lieu de vente : sapin peint de bouquets, noyer mouluré, laque façon faux bois. Le musée de la Sarre cite des décors de corbeilles de fleurs, d’anges, de coqs, d’oiseaux et de cloches.
Horloge comtoise de Poligny à haute caisse en bois mouluré et galbé exposée contre un mur de pierre
Comtoise de Poligny (Jura), datée de 1782, au musée comtois de la citadelle de Besançon. Photo : Arnaud 25, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Horloge comtoise prix : quelle valeur en 2026 ?

Le prix d’une horloge comtoise du XIXe siècle est modeste en salle des ventes : les lots relevés chez plusieurs commissaires-priseurs français sont estimés entre 50 et 120 €, caisse comprise. Les mouvements du XVIIIe siècle, plus rares, atteignent davantage : de 500 à 2 600 $ chez la maison américaine Schmitt Horan, sans gaine en bois, sans poids ni balancier.

Prix relevés en salle des ventes

  • Caisse seule en noyer mouluré, XIXe 60 €

    233 cm, sans mouvement. De Baecque, janvier 2023 (estimation 50 à 100 €).

  • Comtoise en sapin peint de roses, XIXe 100 €

    Mouvement signé Farcy à Chablis, 234 cm. Métayer-Mermoz, résultat avec frais.

  • Comtoise violonée laquée faux bois, XIXe est. 50 à 80 €

    Deux timbres, cadran émaillé fleuri, poids et balancier. De Baecque, avril 2023.

  • Comtoise à caisse peinte polychrome est. 80 à 100 €

    Balancier en tôle repoussée et peinte, cadran émaillé. Pescheteau-Badin, 2021.

  • Comtoise du XIXe vendue en l'état est. 100 à 120 €

    240 cm. Paris Oise Enchères, Chantilly.

  • Mouvement milieu XVIIIe, fronton au coq 500 $

    Cadran à cartouches émaillés, cartouche du fabricant manquant. Schmitt Horan.

  • Mouvement vers 1750 avec réveil 650 $

    Façade en bronze, sonnerie heures et demies. Schmitt Horan.

  • Mouvement milieu XVIIIe à 24 cartouches 1 300 $

    Sonnerie sur deux timbres. Schmitt Horan.

  • Mouvement vers 1750 attribué à Mayet 2 400 $

    Sonnerie des quarts, échappement rare, de Morbier. Schmitt Horan.

  • Mouvement vers 1740 à une aiguille 2 600 $

    Réveil central, fronton ajouré abîmé. Schmitt Horan.

Sources : fiches de lots des maisons De Baecque, Métayer-Mermoz, Pescheteau-Badin et Paris Oise Enchères (estimations ou résultats), prix réalisés de la vente n° 1018 de Schmitt Horan. Prix indicatifs.

Horloge comtoise ancienne prix : mouvement seul ou avec caisse ?

Pour une comtoise du XIXe siècle, la caisse et le mouvement valent peu séparément : une gaine seule en noyer a été adjugée 60 € chez De Baecque. Pour une comtoise du XVIIIe siècle, c’est au contraire le mouvement qui porte la valeur : cadran à cartouches, fronton coulé, une aiguille ou un échappement particulier intéressent les collectionneurs, avec ou sans gaine. En annonces entre particuliers, les prix demandés sont nettement plus élevés : un relevé de Galerie Création les situe de 400 à 1 500 € selon l’état, mais ce sont des prix affichés, pas des prix de vente.

Horloge comtoise Morbier prix : ce qui fait varier l'estimation

  • L’époque du mouvement : une comtoise du XVIIIe siècle vaut nettement plus qu’une production courante du XIXe.
  • La complétude : poids, balancier, timbre et clé d’origine. Plusieurs lots du XVIIIe ont été vendus sans poids ni balancier, ce qui pèse sur le prix.
  • L’état de marche et l’absence de pièces refaites.
  • La caisse : un beau décor peint d’origine compte, une gaine repeinte ou retaillée beaucoup moins.
  • Une signature ou une attribution, comme Mayet de Morbier, pour les pièces anciennes.

Faux, copies et mariages caisse-mouvement

Le principal piège avec une horloge comtoise n’est pas la contrefaçon, mais le mariage : un mouvement monté dans une caisse qui n’était pas la sienne, ou un cadran, un fronton et un balancier réunis après coup. Comme la gaine était fabriquée près du lieu de vente et le mouvement dans le Jura, l’assemblage d’origine était déjà fait de deux provenances. Ce qui compte, c’est que les éléments soient de la même époque.

Quatre points à vérifier avant d'acheter

  • La cohérence des époques : un fronton coulé du XVIIIe au-dessus d’un balancier repoussé du XIXe signale des pièces réunies.
  • Le nom sur le cadran : selon Wikipédia, il correspond rarement au fabricant et plus souvent au revendeur (par exemple « Farcy à Chablis » ou « Franchineau à Thouars » sur des lots récents). Ce n’est pas une preuve d’origine jurassienne ni d’ancienneté.
  • Le mouvement : une cage en fer peut dater des années 1970-1980, quand les mouvements « cage fer » étaient de nouveau produits en série.
  • La caisse : un socle raccourci ou une fenêtre qui ne correspond pas au balancier signale une caisse adaptée.

Pour une pièce présentée comme du XVIIIe siècle, demandez l’avis d’un commissaire-priseur ou d’un expert en horlogerie avant d’acheter : seule une observation du mouvement permet de confirmer l’époque.

Réparer une horloge comtoise et la régler

Pour réparer une horloge comtoise ancienne, mieux vaut confier le mouvement à un horloger : nettoyage, usure des pivots et réglage de la sonnerie demandent un démontage complet de la cage. Deux réglages restent toutefois à votre portée : la mise d’aplomb et l’avance ou le retard.

  • Elle s’arrête ou le tic-tac est irrégulier : selon Wikipédia, une horloge à balancier doit être de niveau ; des battements inégaux indiquent qu’elle n’est pas « en battement ». Calez la caisse jusqu’à obtenir un tic-tac régulier.
  • Elle retarde : remontez la lentille du balancier à l’aide de l’écrou placé dessous. Un balancier plus court oscille plus vite et l’horloge avance.
  • Elle avance : descendez la lentille, par petites touches, puis observez la marche sur une journée.

Où voir des horloges comtoises et en chiner

Le musée de la Lunette, à Morez, conserve la comtoise de Pierre Claude Mayet. Pour chiner, les brocantes du Jura et du Doubs sont les terrains les plus logiques ; ailleurs, consultez l’agenda des brocantes. Si vous aimez l’horlogerie ancienne, lisez aussi nos fiches sur la montre à gousset ancienne, la pendule ancienne et les montres Lip anciennes, ou toute la catégorie bijoux et horlogerie.

Questions fréquentes

Que vaut une horloge comtoise ?

Une horloge comtoise du XIXe siècle, la plus courante, vaut peu en salle des ventes : les lots relevés chez De Baecque, Métayer-Mermoz, Pescheteau-Badin ou Paris Oise Enchères sont estimés entre 50 et 120 €, caisse comprise. Les mouvements du XVIIIe siècle se vendent davantage, de 500 à 2 600 $ chez Schmitt Horan. En annonces, les prix demandés sont plus élevés que les prix réellement payés.

Observez quatre éléments. Un cadran en laiton à une seule aiguille indique une horloge antérieure au milieu du XVIIIe siècle. Des cartouches émaillés apparaissent vers 1720, le fronton coulé vers 1720-1725, le fronton estampé après 1815-1820. Le balancier en lyre date du milieu du XIXe siècle. Vérifiez que tous ces indices concordent, car les pièces ont souvent été changées.

Les premières horloges comtoises, vers 1680-1720, n’indiquaient que les heures, avec une seule aiguille sur un cadran en laiton. L’aiguille des minutes ne s’impose qu’au milieu du XVIIIe siècle, vers 1760 selon le musée de l’horlogerie de la Sarre. Une comtoise à une aiguille est donc en principe ancienne, à condition que le cadran, le fronton et la cage confirment cette époque.

Remontez la lentille du balancier en tournant l’écrou situé dessous. En raccourcissant le balancier, vous accélérez ses oscillations et l’horloge rattrape son retard. Procédez par petites corrections, puis observez la marche pendant une journée avant de recommencer. Si l’horloge avance, faites l’inverse : descendez la lentille.

La cause la plus fréquente est un défaut d’aplomb : une horloge à balancier doit être de niveau, sinon les battements deviennent inégaux et le balancier finit par s’arrêter. Écoutez le tic-tac et calez la caisse jusqu’à ce qu’il soit régulier. Si l’horloge s’arrête toujours, le mouvement est sans doute encrassé ou usé : confiez-le à un horloger.

Adressez-vous à un horloger habitué aux mouvements anciens à poids, de préférence spécialisé dans les comtoises. Des fabricants perpétuent encore cette tradition, comme la manufacture Vuillemin à Besançon ou Converset à Héricourt. Demandez un devis après examen du mouvement : un nettoyage complet impose de démonter la cage.

Pour une comtoise courante du XIXe siècle, une petite annonce ou un stand de vide-grenier conviennent, en gardant à l’esprit que les enchères dépassent rarement 120 €. Pour un mouvement du XVIIIe siècle, une pièce signée ou une caisse peinte de qualité, faites-la estimer par un commissaire-priseur, qui pourra la proposer en salle des ventes.

L’horloge comtoise est aussi appelée horloge de Morbier ou de Morez, du nom des deux localités du Haut-Jura où elle était fabriquée. On parle également de « comtoise » tout court. En anglais, on la désigne comme « Comtoise clock » ou « Morbier clock ». La haute caisse en bois qui l’abrite s’appelle la gaine.

À retenir

Face à une horloge comtoise, ouvrez la caisse avant de regarder le meuble : la cage en fer, le cadran, le fronton et le balancier racontent l’histoire de la pièce. Une aiguille unique et un cadran en laiton désignent une horloge ancienne ; un grand décor repoussé et un balancier en lyre, une comtoise du XIXe siècle, de loin la plus courante et la plus abordable. Pour une pièce du XVIIIe siècle, prenez l’avis d’un expert. Pour continuer à chiner, parcourez nos fiches d’objets de brocante et l’agenda des brocantes.

Sources et crédits

Crédits photo

  • Cinq horloges comtoises à caisses peintes en rouge et brun alignées dans une vitrine de musée : Arnaud 25, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
  • Horloge comtoise murale sans caisse avec fronton en laiton, cadran émaillé, deux poids et balancier : Photo: Andreas Praefcke, domaine public, Wikimedia Commons
  • Cadran émaillé blanc à chiffres romains entouré d'un décor en laiton repoussé de fleurs et de corbeille : Renhour48, CC0, Wikimedia Commons
  • Balancier de comtoise en laiton repoussé et peint à décor de fleurs vu par la fenêtre d'une caisse en bois : Renhour48, CC0, Wikimedia Commons
  • Mouvement de comtoise en cage de fer avec ses rouages en laiton et son timbre au sommet : Migo47, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
  • Rangée d'horloges comtoises à caisses en sapin, violonées ou droites, avec balanciers visibles : Arnaud 25, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
  • Horloge comtoise de Poligny à haute caisse en bois mouluré et galbé exposée contre un mur de pierre : Arnaud 25, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Fiche rédigée par la rédaction de Brocnote, mise à jour le 18 octobre 2026. Les fourchettes de prix sont des ordres de grandeur constatés en vente et en salle des ventes : elles varient selon l’état, la rareté et le lieu de vente.

Où le chiner près de chez vous ?

Les brocantes et les marchés aux puces, où exposent les marchands professionnels, restent les meilleurs endroits pour dénicher ce type d'objet. Ce week-end, 74 brocantes, vide-greniers et marchés aux puces sont annoncés sur Brocnote. Voici les départements les plus actifs en ce moment.

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Corentin
Corentin a créé Brocnote pour réunir au même endroit un agenda fiable des brocantes et des vide-greniers, et des fiches claires sur les objets qu'on y chine. Il s'intéresse aux objets anciens et à leur histoire, ceux qui passent de main en main et de génération en génération. Chaque fiche cite ses sources, date ses prix et signale ce qui reste incertain.

Fiche objet

  • Type d'objet : Horloge à poids et balancier, mouvement en cage de fer, souvent logée dans une haute caisse en bois
  • Période / époque : Vers 1680 au début du XXe siècle · pièces les plus courantes : XIXe siècle
  • Matière / matériaux : Mouvement en fer et laiton · cadran en laiton puis émaillé · caisse en sapin, épicéa ou noyer
  • Signature / marque : Nom peint sur le cadran, le plus souvent celui du revendeur et de sa ville, rarement celui du fabricant
  • Origine géographique : Haut-Jura : Morbier, Morez, Foncine, Bellefontaine · caisses fabriquées dans toute la France
  • Estimation : Souvent 50 à 120 € pour une comtoise du XIXe en salle des ventes · 500 à 2 600 $ pour un mouvement du XVIIIe
  • Rareté : Très commun (XIXe siècle) · peu commun (cadran à cartouches, fronton coulé) · rare (une aiguille, fin XVIIe)
Notes & conseils :
  • Ouvrez la caisse : le mouvement en cage de fer dit plus que le meuble.
  • Le nom sur le cadran est en général celui du revendeur.
  • Une seule aiguille signale une horloge ancienne, à confirmer par le reste.
  • Vérifiez la présence des deux poids et du balancier.

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