
Bronze doré ou régule, portique ou borne en marbre noir, médaille Japy ou Vincenti frappée sur le mouvement : voici comment identifier une pendule ancienne française, la dater et connaître son prix réel en salle des ventes.
Bijoux & horlogerie Par Corentin Mis à jour le 18 octobre 2026 13 min de lecture
En un coup d'œil
Prix constatés en brocante et en salle des ventes, détaillés et sourcés dans la fiche ci-dessous.
Une pendule ancienne française est une horloge d’appartement, à poser sur la cheminée ou à suspendre, fabriquée pour l’essentiel entre le milieu du XVIIIe et le début du XXe siècle. Pour l’identifier, observez trois choses : la forme de la caisse (sujet en bronze, portique, borne en marbre, pendule murale), la matière (bronze doré ou régule) et les marques frappées au dos du mouvement. Côté prix, les écarts sont considérables : une pendule borne en marbre noir Napoléon III s’adjuge souvent moins de 100 €, une pendule Restauration en bronze doré quelques centaines d’euros, et un modèle signé d’un horloger réputé plusieurs milliers d’euros.
La forme de la caisse est le premier indice pour situer une pendule ancienne. Elle oriente vers une période, que le mouvement et la matière confirment ensuite, car beaucoup de modèles ont été copiés « dans le style de » des décennies plus tard.
Le cadran émaillé blanc est intégré à une composition en bronze ciselé et doré : figure mythologique, personnage drapé à l’antique, muse ou enfants, posés sur une base ornée de bas-reliefs. Les pendules d’époque Restauration vendues récemment chez Artcurial en sont de bons exemples (homme drapé à la lyre, liseuse, enfants devant une bibliothèque). Le cadran porte souvent le nom d’un horloger parisien, comme « Schuller à Paris ».
La pendule portique est une pendule « architecturée » : une base, des colonnes ou des pilastres, un entablement, et le cadran suspendu entre les montants. Selon l’expert Laurent Hache (cabinet Authenticité), elle apparaît au cours du dernier tiers du XVIIIe siècle et reste à la mode jusqu’à la fin de la Restauration. Les modèles Louis XVI, les plus fastueux, associent marbre et bronze doré ; sous l’Empire, le bronze doré domine et le marbre recule ; sous la Restauration et Charles X apparaissent des portiques plus simples en bois et placage de bois.
Une pendule ancienne sous globe est protégée de la poussière par une cloche de verre posée sur un socle. D’après le cabinet Authenticité, les portiques de la Restauration étaient à l’origine livrés sous leur cage de verre bombée, que l’on retrouve rarement aujourd’hui. Un globe d’origine intact ajoute donc de l’intérêt à la pièce.
La pendule borne est un bloc rectangulaire en marbre noir, parfois rehaussé de marbre rouge ou vert, avec un cadran rond en façade. Les maisons de ventes la décrivent presque toujours comme « époque Napoléon III ». Produite en grand nombre, elle est très fréquente en brocante. Certaines sont surmontées d’un groupe en bronze, ce qui change leur valeur.
Une garniture de cheminée associe la pendule à une paire de candélabres, de cassolettes ou de vases assortis. Si vous trouvez la pendule seule, demandez au vendeur s’il possède les éléments assortis. Pour compléter un décor de cheminée du XIXe siècle, voyez aussi notre fiche sur la lampe à pétrole ancienne.
L’œil-de-bœuf est une pendule ancienne murale à cadre rond ou ovale, généralement en bois, qui entoure un cadran émaillé protégé par une vitre. Faute de résultats de ventes publiés en nombre suffisant, nous ne donnons pas de fourchette de prix pour ce type : comparez avec des ventes récentes.
Le cartel est une pendule murale en forme de cartouche, très souvent en bronze doré au feu. C’est une invention rocaille parisienne, en usage à Paris des années 1730 à la fin du règne de Louis XV ; il passe de mode sous Louis XVI, quand la pendule descend sur la cheminée. Mais à partir des années 1830, le goût néo-rocaille relance les modèles du milieu du XVIIIe siècle : un cartel « Louis XV » peut donc très bien dater de la fin du XIXe siècle, comme celui illustré ci-dessus, équipé d’un mouvement Japy.
Quant à l’horloge comtoise, grande horloge de parquet de Franche-Comté, elle fera l’objet d’une fiche dédiée sur Brocnote.
La pendulette d’officier est une petite pendule de voyage d’une vingtaine de centimètres, en général rectangulaire et en laiton, vitrée sur les côtés, avec une poignée sur le dessus et un cadran blanc très lisible. Certaines ont une sonnerie, parfois à répétition, et étaient vendues dans une boîte de transport. Son nom viendrait des commandes passées aux horlogers pour « une pendule pour officier » ; la tradition qui en attribue l’invention à Breguet, à la demande de Bonaparte, n’est pas confirmée.
Ce format a été produit jusqu’à la fin du XXe siècle, comme le montre cette pendulette Bayard de 1983 : regardez la platine et l’usure avant de croire à l’étiquette « ancienne ». Pour les montres de poche de la même époque, consultez notre fiche sur la montre à gousset ancienne.
Une pendule ancienne en bronze doré vaut nettement plus que la même pendule en régule doré. Le régule désigne, dans le vocabulaire des brocanteurs, du zinc ou un alliage de zinc (le « zinc d’art »), employé dès la seconde moitié du XIXe siècle comme « bronze du pauvre » pour les sculptures et les décors de pendules. Il était souvent peint pour imiter la patine du bronze, ou doré et argenté par électrolyse. Selon Wikipédia, à objet identique, l’écart de prix entre régule et bronze est au moins du simple au double.
Sur une zone usée de la dorure ou sous le socle (ne grattez jamais une dorure visible) : le régule est gris clair, proche de l'étain ; le bronze, jaune à brun.
Tapotez légèrement avec l'ongle ou une pièce : le régule rend un son plus mat que le bronze.
À volume égal, le zinc est plus léger que le bronze.
Le régule est plus mou et plus fragile : bras cassés, déformations et réparations à la soudure sont fréquents.
Les belles pendules en bronze sont décrites comme « bronze ciselé et doré » : les détails sont repris au burin après la fonte.
Critères tirés de l’article Wikipédia « Régule » et des descriptions de lots d’Artcurial. En cas de doute, demandez l’avis d’un expert.
Pour dater une pendule ancienne, ouvrez la porte arrière et regardez la platine du mouvement : les fabricants y frappaient leur estampille, souvent avec une médaille d’exposition. La plupart des pendules françaises du XIXe siècle utilisent le mouvement dit « de Paris », à platines rondes, apparu à Paris vers 1750 : deux ressorts en barillet (marche et sonnerie) remontés à la clé par l’avant, et un balancier d’environ 25 cm.
Au XIXe siècle, les manufactures de Franche-Comté et de Saint-Nicolas-d’Aliermont (Normandie) livraient aux horlogers parisiens des mouvements inachevés, les « blancs roulants », que le finisseur terminait. Le nom peint sur le cadran est donc souvent celui du finisseur ou du marchand : le cartel illustré plus haut porte un mécanisme Japy terminé par l’horloger finisseur Hurel de Longueville.
Pendules à poser à platines circulaires, ancêtres du mouvement de Paris du XIXe siècle.
Point de départ de la maison Japy, qui passe de la montre à la pendule.
Frédéric Japy transmet ses affaires à ses trois fils, qui forment Japy Frères.
Médaille d'argent obtenue à Paris, avant celle de 1855.
Estampille relevée sur un mouvement de pendule de Paris vers 1860 (collection de la Banque d'Espagne).
Grande médaille d'honneur reçue à l'Exposition universelle de Paris de 1855.
Estampille sans année, relevée sur une pendule datée vers 1860 (National Watch and Clock Museum).
L'usine de Badevel avait été abandonnée en 1933, la production centralisée à Beaucourt.
Sources : catalogue de la collection de la Banque d’Espagne, National Watch and Clock Museum (NAWCC), Wikipédia (« Pendule de Paris », « Japy »), Clockguy.
Une médaille frappée sur la platine indique seulement que le mouvement a été fabriqué après l’exposition qui l’a décernée. Les fabricants ont gardé la même estampille pendant des années : la Banque d’Espagne date ainsi vers 1860 une pendule marquée « Médaille d’argent 1855 » Vincenti. Pour affiner, rapprochez la marque du style de la caisse et des aiguilles, ou confiez la pièce à un horloger.
Le prix d’une pendule ancienne dépend d’abord de sa matière et de son époque. Disons-le franchement : les bornes en marbre noir et les pendules en régule valent peu. Les bornes Napoléon III sont estimées moins de 100 € en salle des ventes, et le régule vaut au moins deux fois moins que le bronze à modèle égal. Les bronzes dorés du début du XIXe siècle se vendent quelques centaines d’euros ; seules les pièces signées d’un grand nom atteignent plusieurs milliers d’euros.
44 × 33 × 16 cm, hôtel des ventes de Boulogne-Billancourt (Jonquet), estimation.
37 cm, avec accidents, vente hebdomadaire de la maison Richard (Moulins), estimation.
39 cm, Beaussant Lefèvre, Drouot, 3 avril 2025 (estimée 60 à 80 €).
Dans son coffret avec sa clé, Salle Rossini, 14 février 2024.
Mouvement à restaurer, verre biseauté accidenté, Osenat, 3 novembre 2024.
Acajou et monture de bronze ciselé et doré, cadran signé Schuller à Paris, 50 cm, Artcurial.
Bronze ciselé, patiné et doré, figure à la lyre, 50,5 cm, Artcurial.
Bronze ciselé et doré, 32 cm, clé et balancier manquants, Artcurial.
Vénus et Adonis en bronze patiné, XIXe siècle, 78 cm, accidents (estimée 1 200 à 1 800 €).
Bronze ciselé et doré, cadran signé H. Laresche, Palais Royal, 43 cm, Artcurial.
Sources : fiches de lots Jonquet, Richard, Beaussant Lefèvre et Artcurial ; Actu-Juridique (pendulettes d’officier) ; cabinet Authenticité (Vénus et Adonis). Prix indicatifs.
Une pendule Napoléon III en marbre noir sans décor particulier s’estime entre 20 et 80 € aux enchères, comme le montrent les trois lots ci-dessus. Le prix ne monte que si la borne porte un beau groupe en bronze, et non en régule, comme le Vénus et Adonis vendu 1 500 €. Un éclat aux angles ou un recollage fait encore baisser l’intérêt.
Seconde moitié du XIXe siècle, incrustations de fleurs et de filets.
Marbre et bronze doré.
Matériaux rares, mouvement à complications, signature d'un horloger ou d'un bronzier renommé.
Source : Laurent Hache, expert en mobilier et objets d’art, cabinet Authenticité, « Les pendules portique, hommage à l’Antique ».
La Franche-Comté reste une terre d’horlogerie : Japy a été fondée à Beaucourt et les manufactures comtoises fournissaient les mouvements des pendules parisiennes. Consultez les brocantes du Doubs, du Jura et du Territoire de Belfort, ou l’agenda des brocantes près de chez vous.
Pour une estimation de pendule ancienne, envoyez à un commissaire-priseur trois photos nettes : la pendule de face, le cadran et la platine arrière du mouvement. Pour vendre une borne en marbre noir ou une pendule en régule, un vide-grenier ou une petite annonce suffit ; pour un bronze doré signé, la salle des ventes offre la meilleure visibilité.
À lire aussi sur Brocnote : toutes nos fiches bijoux et horlogerie, la fiche consacrée aux poinçons d’or et notre guide des objets de brocante qui valent de l’argent.
Ouvrez la porte arrière et lisez la platine du mouvement : marque du fabricant (Japy Frères, Vincenti, Marti) et éventuelle médaille d’exposition. Une médaille de 1855 indique un mouvement fabriqué après 1855, pas forcément en 1855. Rapprochez ensuite cet indice du type de caisse (portique, borne en marbre noir, sujet en bronze) et du style des aiguilles. Pour une pièce importante, un horloger ou un expert affinera la datation.
La valeur d’une pendule ancienne va de quelques dizaines à plusieurs milliers d’euros. Une borne en marbre noir Napoléon III s’estime 20 à 80 € aux enchères. Des pendules d’époque Restauration en bronze doré se sont vendues entre 262 et 590 € chez Artcurial, et un modèle signé Laresche 7 313 €. Matière, signature, état et mouvement d’origine font la différence.
Une pendule Napoléon III en marbre noir vaut généralement moins de 100 €. Les estimations relevées en salle des ventes vont de 20 à 80 €, et une borne de 39 cm a été adjugée 91 €, frais compris, à Drouot en avril 2025. Seules les bornes surmontées d’un beau groupe en bronze dépassent nettement ce niveau, comme un Vénus et Adonis vendu 1 500 €.
Regardez le métal à nu sur une zone usée ou sous le socle : le régule (zinc) est gris clair, le bronze jaune à brun. Le régule est aussi plus léger à volume égal, plus fragile, et sonne plus mat quand on le tapote. Les détails d’un bronze de qualité sont ciselés, nets et profonds. Ne grattez jamais une dorure visible pour vérifier.
Une pendulette d’officier est une petite pendule de voyage d’une vingtaine de centimètres, généralement rectangulaire et en laiton, vitrée, avec une poignée et un cadran blanc très lisible. Certaines sonnent ou ont une répétition. Les modèles anciens s’adjugent autour de 220 à 240 €, mais ce format a été produit jusqu’aux années 1980 : vérifiez l’âge réel avant d’acheter.
Adressez-vous à un commissaire-priseur ou à un cabinet d’expertise : beaucoup estiment gratuitement sur photos. Envoyez une vue de face, le cadran et la platine arrière du mouvement avec ses marques, en précisant les dimensions. Une pendule en bronze doré signée gagne ensuite à passer en salle des ventes ; une borne en marbre noir se vend très bien en vide-grenier.
Une pendule à mouvement de Paris a deux ressorts, l’un pour la marche et l’autre pour la sonnerie, que l’on remonte à la clé par les trous du cadran. Utilisez une clé de la bonne taille, tournez sans forcer et arrêtez-vous dès que le ressort résiste. Si la pendule s’arrête vite ou ne sonne plus, confiez-la à un horloger.
Devant une pendule ancienne, le bon réflexe tient en trois gestes : identifier le type de caisse, vérifier la matière (bronze doré ou régule) et ouvrir la porte arrière pour lire les marques du mouvement, en gardant en tête qu’une médaille ne donne qu’une date au plus tôt. Dans la plupart des cas, vous tiendrez une borne en marbre noir ou une pendule en régule à quelques dizaines d’euros ; plus rarement, un bronze doré d’époque qui mérite l’avis d’un commissaire-priseur. Pour continuer à chiner, parcourez nos fiches d’objets de brocante.
Crédits photo
Fiche rédigée par la rédaction de Brocnote, mise à jour le 18 octobre 2026. Les fourchettes de prix sont des ordres de grandeur constatés en vente et en salle des ventes : elles varient selon l’état, la rareté et le lieu de vente.
Les brocantes et les marchés aux puces, où exposent les marchands professionnels, restent les meilleurs endroits pour dénicher ce type d'objet. Ce week-end, 74 brocantes, vide-greniers et marchés aux puces sont annoncés sur Brocnote. Voici les départements les plus actifs en ce moment.