
Tête d’aigle, coquille Saint-Jacques, trèfle, hibou, losange, « 750 » ou « 18K » : les poinçons d’un bijou en or se lisent à la loupe. Voici ce que chacun garantit, comment dater un bijou ancien et pourquoi un poinçon ne suffit pas toujours.
Bijoux & horlogerie Par Corentin Mis à jour le 21 octobre 2026 15 min de lecture
En un coup d'œil
Pas de prix fixe : valeur au poids = grammes d'or pur × cours du jour ; époque, signature et pierres peuvent valoir davantage
Prix constatés en brocante et en salle des ventes, détaillés et sourcés dans la fiche ci-dessous.
Un poinçon or est une petite marque frappée sur un bijou ou un objet pour garantir sa teneur en or, appelée titre. En France, cherchez à la loupe deux marques côte à côte : un poinçon de garantie (la tête d’aigle pour l’or 750 millièmes, soit 18 carats, la coquille Saint-Jacques pour le 585, le trèfle pour le 375) et le poinçon de fabricant, en forme de losange. Le poinçon ne fixe pas un prix : il indique combien d’or pur contient l’objet. La valeur au poids se calcule ensuite avec le cours du jour, tandis qu’un bijou ancien signé ou serti peut valoir davantage.
Un poinçon or est une empreinte frappée dans le métal pour attester qu’un objet atteint un titre légal, c’est-à-dire une proportion minimale d’or pur exprimée en millièmes. Un bijou en or 750 millièmes contient ainsi 75 % d’or pur ; le reste est un alliage, par exemple du cuivre et de l’argent pour l’or jaune, selon la douane.
Sur un bijou fabriqué en France, deux marques se complètent :
La douane précise que le poinçon de responsabilité se frappe sur la partie principale de l’objet et le poinçon de garantie à côté. Depuis le 1er juillet 2025, ces règles figurent dans le Code de commerce, et non plus dans le Code général des impôts.
Or dit pur. Titre légal reconnu en 2001 selon la douane ; poinçon réservé surtout aux lingots.
Rare en bijouterie, apposée sur des ouvrages neufs.
Le poinçon le plus courant sur les bijoux en or français, neufs ou d'occasion.
Titre ouvert par la loi de 1994 ; ouvrages neufs et d'occasion.
Titre minimal pour parler d'or en France ; admis par la loi de 1994.
Or d'occasion d'origine étrangère ou indéterminée ; garantit au moins 750 millièmes.
Sources : douane.gouv.fr (titres, cahier des charges des commissaires-priseurs) et Le Gemmologue (poinçons de garantie de l’or).
Pour lire un poinçon or, nettoyez doucement la zone, placez le bijou sous une lumière rasante et examinez-le avec une loupe de bijoutier. Repérez d’abord la forme du contour, puis le motif à l’intérieur.
Le poinçon tête d’aigle garantit un titre d’au moins 750 millièmes, soit 18 carats. Selon Le Gemmologue, c’est la marque la plus fréquente sur les bijoux en or français : elle est aujourd’hui frappée surtout par les fabricants eux-mêmes, sous délégation et contrôle de la douane. Une version « 1er titre » de la tête d’aigle existe pour l’or 916 millièmes (22 carats), mais elle reste rare sur les bijoux.
La coquille Saint-Jacques signale l’or 585 millièmes (14 carats) et la feuille de trèfle l’or 375 millièmes (9 carats). Ces deux titres ont été ouverts par la loi du 4 janvier 1994, et la douane rappelle que les bijoux à 585 et 375 millièmes peuvent porter l’appellation « or » à la vente depuis fin 2004. Le hibou, lui, est apposé sur l’or d’origine étrangère ou indéterminée : il garantit au moins 750 millièmes, sans préciser un titre supérieur. Sa date d’apparition varie selon les sources (1994 selon Le Gemmologue) : ne vous en servez pas pour dater un bijou.
Le losange n’indique pas le titre : c’est le poinçon de maître, qui identifie le fabricant par ses initiales et un symbole. Cette forme a été imposée dans toute la France en 1797, selon l’exposition « Histoire des poinçons » d’Alienor.org. Si vous voyez un « 750 » dans un losange, c’est une indication chiffrée, pas un poinçon de garantie de l’État français : cherchez à côté une tête d’aigle ou une autre marque officielle reconnue.
Attention aux petits bijoux : depuis 2001, les ouvrages en or de moins de 3 grammes sont dispensés du poinçon de garantie. Ils doivent tout de même être au titre légal et porter le poinçon de fabricant ou de responsabilité. Une petite boucle d’oreille avec un seul losange n’est donc pas forcément suspecte.
Un poinçon or ancien permet de situer un bijou dans le temps, à condition de lire à la fois le motif et le système de titres en vigueur. Après la loi du 19 brumaire an VI (1797), qui pose les bases de la garantie actuelle selon la douane, l’or français connaît trois titres : 920, 840 et 750 millièmes. Aujourd’hui encore, le 750 millièmes est le titre le plus courant sur les bijoux en or français.
La forme en losange est imposée à l'échelle nationale.
920, 840 et 750 millièmes, d'après l'Encyclopædia Universalis.
Or 750 contrôlé à Paris, selon plusieurs guides de collectionneurs.
Bijoux et montres en or 18 carats fabriqués hors de Paris.
Ouvrage ancien non conforme aux titres légaux (par exemple sous 375 millièmes), marqué seulement s'il présente un intérêt artistique ou historique, selon la douane. En usage depuis 1919 selon Le Gemmologue.
La loi du 4 janvier 1994 ouvre les titres 585 et 375 millièmes.
Le titre ne s'exprime plus en carats.
Pas de poinçon de garantie obligatoire, mais losange exigé.
Sources : douane.gouv.fr, Wikipedia (Hallmark), Le Gemmologue, Alienor.org, Encyclopædia Universalis.
La tête de cheval est le repère le plus parlant : elle désigne un bijou ou une montre en or 18 carats fabriqué en province entre 1838 et 1919. Une tête d’aigle seule date moins précisément, puisqu’elle est toujours en usage : le style et le fermoir aident alors à affiner. Notez aussi que les objets d’occasion fabriqués après 1838 doivent recevoir un poinçon de garantie avant la vente, sauf s’ils portent déjà d’anciens poinçons français.
Sur une montre à gousset ancienne, les poinçons d’or se trouvent à l’intérieur de la boîte, parfois accompagnés d’un numéro. Une boîte de montre contrôlée en Suisse porte des poinçons officiels suisses, différents des marques françaises, ce qui n’enlève rien à son titre.
Un poinçon or étranger se présente le plus souvent sous forme de chiffres : 750 (18 carats), 585 (14 carats), 375 (9 carats), parfois accompagnés de « 18K » ou « 14K ». Le Gemmologue rappelle que ces mentions ne prouvent « en aucun cas » qu’une pièce est en or : elles sont frappées par le fabricant, pas par un organisme officiel, sauf dans les pays qui ont un contrôle d’État.
En Italie, le titre est indiqué en trois chiffres (750, 585 ou 375 pour l’or) et accompagné d’une marque d’identification : une étoile à cinq branches, un numéro attribué au fabricant et le sigle de sa province, dans un contour polygonal, selon la Chambre de commerce de Basilicate. Le mot « Italy » ne fait pas partie de cette marque officielle. Pour un bijou italien, la combinaison « étoile, numéro, province » et « 750 » est donc le bon repère.
Depuis fin 2004, les ouvrages importés d’un autre État de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de Turquie peuvent être dispensés du poinçon de garantie français, sous conditions. La règle, longtemps inscrite à l’article 524 bis du Code général des impôts, exige un poinçon de fabricant et un poinçon de titre apposé par un organisme indépendant ou par l’administration du pays, selon des normes équivalentes aux normes françaises. Or, en Italie, le « 750 » et l’étoile sont frappés par le fabricant lui-même : ces marques seules ne valent pas une garantie officielle en France. À l’inverse, un bijou d’origine inconnue, sans marque reconnue, reçoit le hibou s’il est contrôlé par un bureau de garantie et titre au moins 750 millièmes.
Le poinçon or blanc est le même que celui de l’or jaune : la tête d’aigle garantit le titre (750 millièmes), pas la couleur. L’or blanc et l’or rose sont des alliages différents au même titre ; vous ne trouverez donc pas de poinçon spécifique à l’or blanc. Méfiez-vous en revanche du chiffre 925 : c’est un titre de l’argent, pas de l’or. Un bijou blanc marqué 925 est en argent ; les poinçons d’argent sont expliqués dans notre fiche poinçon argent et métal argenté.
Le poinçon plaqué or n’est pas un poinçon de garantie : c’est une marque de fabricant, traditionnellement de forme carrée ou rectangulaire, avec les initiales du fabricant et souvent le mot « plaqué » ou « doublé ». La règle longtemps inscrite à l’article 551 du Code général des impôts réservait ces mentions aux objets revêtus d’une couche de métal précieux d’au moins 500 millièmes et frappés du poinçon spécial du fabricant. Un carré n’est donc jamais une garantie d’or massif.
Une mention « 18K » sur un bijou plaqué indique au mieux le titre de la fine couche d’or déposée en surface, pas celui du bijou. Sans tête d’aigle, coquille, trèfle ou hibou, et avec un carré ou aucun poinçon, considérez le bijou comme du plaqué tant qu’un test n’a pas prouvé le contraire.
Pour reconnaître de l’or, commencez toujours par chercher le poinçon : à la loupe, sous une bonne lumière, à l’intérieur d’un anneau, sur le fermoir d’une chaîne ou au dos d’un pendentif. Une tête d’aigle, une coquille Saint-Jacques, un trèfle ou un hibou accompagnés d’un losange de fabricant sont les indices les plus solides. Sans poinçon, la question devient plus délicate : un bijou en or peut en être dépourvu (pièce de moins de 3 grammes, bijou très ancien, poinçon effacé par l’usure ou par une mise à taille), et un bijou sans poinçon peut aussi n’être que du plaqué ou du laiton.
Évitez les « astuces » qui abîment l’objet, comme le frotter sur une céramique ou le mordre : un bijou ancien perd de la valeur à la moindre rayure.
Un faux poinçon or 18k se repère d’abord par l’incohérence : un « 18K » ou un « 750 » isolé, sans marque de fabricant, sur un bijou présenté comme ancien et français, doit vous alerter. Un bijou français vendu par un professionnel porte normalement deux poinçons proches l’un de l’autre, le titre et le losange, sauf dispense sous 3 grammes.
Ces indices ne suffisent pas pour conclure, dans un sens comme dans l’autre. Un poinçon peut être usé au point d’être illisible sur un bijou en or authentique, et un bijou ancien peut avoir été fabriqué avant le système actuel. Pour trancher, un professionnel dispose de tests : la touche à l’acide, que le bureau des poinçons de la douane de Paris présente dans une vidéo pédagogique, la pierre de touche, ou l’analyse au spectromètre, selon les acheteurs spécialisés. Pour un bijou de valeur, demandez un test plutôt que de vous fier au seul poinçon.
La valeur d’un bijou poinçonné or 750 se calcule d’abord au poids : multipliez le poids du bijou (sans les pierres) par le titre, puis par le cours de l’or du jour. Le cours varie fortement : consultez-le le jour de la vente. D’après Économie Matin, le poids reste le premier critère d’évaluation chez la plupart des acheteurs, mais les pierres, la signature et la qualité de fabrication peuvent relever le prix.
Or 750 millièmes, 18 carats.
Or 585 millièmes, 14 carats.
Or 375 millièmes, 9 carats.
Seule une couche superficielle est en or.
Calcul : poids × titre en millièmes. Multipliez ensuite par le cours de l’or du jour, publié par les comptoirs et la presse financière.
Un bijou courant (chaîne, alliance, gourmette) se négocie généralement autour de sa valeur au poids. Un bijou ancien bien conservé, d’une époque recherchée, signé par une maison connue ou serti de pierres fines, peut valoir bien plus que son or : le fondre ferait perdre cette valeur. Avant de vendre au poids un bijou du XIXe siècle ou Art déco, demandez l’avis d’un commissaire-priseur. Lisez aussi notre guide quels objets de brocante valent de l’argent.
Les bijoux en or se chinent partout en France, souvent mêlés au fantaisie dans une boîte à bijoux : repérez les dates près de chez vous dans l’agenda des brocantes et vide-greniers, et emportez une loupe. Sur un stand, demandez à examiner l’intérieur des anneaux et les fermoirs avant de discuter le prix.
Pour faire vérifier un bijou, adressez-vous à un bijoutier, à un négociant en métaux précieux ou à un commissaire-priseur : les professionnels doivent s’assurer par tous les moyens que les bijoux qu’ils vendent sont aux titres légaux. Comparez plusieurs offres avant de vendre au poids, et gardez les bijoux anciens ou signés pour une estimation en salle des ventes.
Nettoyez un bijou en or avec douceur. Évitez les produits abrasifs ou corrosifs, les brosses dures et les bains à ultrasons sans avis d’un professionnel : ils peuvent effacer un poinçon peu profond, et un poinçon illisible complique la revente.
À lire aussi sur Brocnote : la pendule ancienne, la montre de poche ancienne et toutes nos fiches bijoux et horlogerie.
Un poinçon or français associe un poinçon de garantie et un poinçon de fabricant en losange. Le premier représente une tête d’aigle (750 millièmes), une coquille Saint-Jacques (585), un trèfle (375) ou un hibou (or d’origine étrangère, 750 minimum). Examinez l’intérieur d’une bague, le fermoir d’une chaîne ou le dos d’un pendentif avec une loupe, sous une bonne lumière.
En France, l’or 18 carats, soit 750 millièmes, porte la tête d’aigle. L’or d’occasion d’origine étrangère ou indéterminée reçoit le hibou, qui garantit lui aussi au moins 750 millièmes. Entre 1838 et 1919, l’or 18 carats fabriqué en province portait une tête de cheval. À l’étranger, l’or 18 carats est souvent marqué « 750 » ou « 18K ».
L’or blanc porte les mêmes poinçons que l’or jaune : la tête d’aigle pour 750 millièmes, la coquille pour 585, le trèfle pour 375. Le poinçon garantit le titre, pas la couleur de l’alliage. En revanche, un bijou blanc marqué 925 est en argent : ce chiffre correspond à un titre de l’argent, pas de l’or.
Le plaqué or ne porte pas de poinçon de garantie de l’État. On y trouve une marque de fabricant traditionnellement carrée ou rectangulaire, souvent avec le mot « plaqué » ou « doublé », ou aucune marque. Une mention « 18K » sur un bijou plaqué ne désigne au mieux que la couche de surface : sans tête d’aigle, coquille, trèfle ou hibou, faites tester le bijou.
Méfiez-vous d’un « 18K » ou d’un « 750 » isolé, sans poinçon de fabricant, d’une marque trop nette sur un bijou usé ou d’un métal d’une autre couleur aux endroits frottés. Ces indices restent fragiles : seul un test réalisé par un bijoutier ou un négociant (acide, pierre de touche, spectromètre) permet de savoir si le bijou est vraiment en or.
Le chiffre 585 signifie que l’alliage contient 585 millièmes d’or pur, soit 58,5 %, ce qui correspond à 14 carats. En France, ce titre est signalé par la coquille Saint-Jacques. Il a été ouvert par la loi du 4 janvier 1994, et les bijoux à 585 millièmes peuvent être vendus sous l’appellation « or » depuis fin 2004, selon la douane.
Le hibou est un poinçon de garantie apposé sur l’or d’origine étrangère ou indéterminée, par exemple un bijou d’occasion sans marque française reconnue. Il garantit un titre d’au moins 750 millièmes, soit 18 carats, sans indiquer un titre supérieur. Les sources divergent sur son histoire, mais il ne signifie pas que le bijou est de moindre qualité.
Oui pour les professionnels : un bijou en or vendu en France doit être au titre légal et porter un poinçon de fabricant ou de responsabilité, ainsi qu’un poinçon de garantie. Les bijoux de moins de 3 grammes sont dispensés du poinçon de garantie, mais pas du poinçon de fabricant. Certains bijoux européens déjà poinçonnés peuvent aussi en être dispensés.
Sans poinçon, cherchez d’abord les indices simples : l’or ne colle pas à un aimant, il garde la même couleur sur les zones usées et il est très lourd pour sa taille. Ces indices permettent d’écarter un faux, pas de confirmer de l’or. Seul un test réalisé par un bijoutier ou un négociant, à l’acide ou au spectromètre, permet de savoir si un bijou sans poinçon est réellement en or.
Face à un bijou en or, gardez trois réflexes : chercher les poinçons à la loupe, identifier le motif (tête d’aigle, coquille, trèfle, hibou ou losange) et vérifier qu’ils sont cohérents avec l’objet. Un poinçon renseigne, il ne prouve pas tout : pour un bijou de valeur, un test chez un professionnel reste indispensable. Pour continuer, parcourez nos fiches d’objets de brocante.
Crédits photo
Fiche rédigée par la rédaction de Brocnote, mise à jour le 21 octobre 2026. Les fourchettes de prix sont des ordres de grandeur constatés en vente et en salle des ventes : elles varient selon l’état, la rareté et le lieu de vente.
Les brocantes et les marchés aux puces, où exposent les marchands professionnels, restent les meilleurs endroits pour dénicher ce type d'objet. Ce week-end, 74 brocantes, vide-greniers et marchés aux puces sont annoncés sur Brocnote. Voici les départements les plus actifs en ce moment.