Porcelaine de Limoges ancienne : marques, datation, valeur et prix

Un tampon vert, un nom imprimé en rouge, la mention « Limoges France » : sous chaque assiette se cache une histoire. Voici comment lire les marques, dater la pièce et connaître la vraie valeur de votre porcelaine de Limoges.

Vaisselle & art de la table Par Corentin Mis à jour le 18 octobre 2026 13 min de lecture

En un coup d'œil

Combien ça vaut
  • 20 à 250 € la plupart des services courants
  • 1 000 à 2 000 € un beau service de marque
  • Jusqu'à 37 000 € les records
Époque
  • Depuis 1771
  • Âge d'or industriel : seconde moitié du XIXe siècle et début du XXe siècle
Où regarder
  • Double marque : fabrique (verte, sous émail) et décor (sur émail)
  • Haviland, Théodore Haviland, GDA, Bernardaud, Raynaud, Ahrenfeldt…
Rareté
  • Très commun (services du XXe siècle)
  • Recherché (Haviland japonisant, Pouyat)
  • Rare (services d'exception)

Prix constatés en brocante et en salle des ventes, détaillés et sourcés dans la fiche ci-dessous.

La porcelaine de Limoges ancienne est une porcelaine dure fabriquée à Limoges et en Haute-Vienne depuis 1771, grâce au kaolin découvert à Saint-Yrieix-la-Perche. Pour la reconnaître, retournez la pièce : on y lit le plus souvent deux marques, celle de la fabrique (verte, sous l’émail) et celle du décorateur (posée sur l’émail), par exemple Haviland, GDA ou Bernardaud. Côté prix, soyons francs : la plupart des services courants valent quelques dizaines à quelques centaines d’euros, et les lots courants relevés chez Millon en 2023-2026 se sont vendus entre 20 et 250 €. Seuls quelques décors signés et grandes maisons dépassent le millier d’euros, avec des records à 37 000 €.

L'essentiel en bref

Qu'est-ce que la porcelaine de Limoges ancienne ?

La porcelaine de Limoges est une porcelaine dure, c’est-à-dire une porcelaine à base de kaolin cuite à haute température, produite à Limoges et dans le département de la Haute-Vienne. Le terme ne désigne pas une marque unique mais un centre de production : des dizaines de fabriques et d’ateliers de décoration s’y sont succédé depuis la fin du XVIIIe siècle. En 1848, la ville comptait déjà 19 fabriques et 17 ateliers de décor.

On parle de porcelaine de Limoges « ancienne » pour les pièces du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle, quand Limoges était devenue le principal centre de la porcelaine française. C’est aussi la période qui intéresse le plus les collectionneurs, même si la grande majorité des services que l’on croise en brocante date en réalité du XXe siècle.

Depuis le 1er décembre 2017, « Porcelaine de Limoges » est une indication géographique homologuée par l’INPI. Son cahier des charges impose que toutes les étapes, du coulage à la cuisson et à la décoration, soient réalisées en Haute-Vienne. L’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle l’a enregistrée comme indication géographique protégée en mai 2026 : c’est le premier produit artisanal et industriel à obtenir cette protection au niveau européen. Cette garantie ne vaut que pour la production récente, pas pour les pièces anciennes.

Histoire : du kaolin de Saint-Yrieix aux grandes manufactures

Tout commence par une découverte : un gisement de kaolin à Saint-Yrieix-la-Perche, au sud de Limoges. Wikipédia en français date la découverte de 1767 et l’attribue au chirurgien Jean-Baptiste Darnet ; d’autres sources retiennent 1768. Louis XV rachète le gisement en 1769, et la première manufacture de Limoges est fondée en 1771. Placée sous la protection du comte d’Artois en 1774, elle reçoit le titre de manufacture royale en 1784.

Médaillon en porcelaine blanche portant l'inscription Première porcelaine des terres du Limousin et la date MDCCLXXI
Médaillon « Première porcelaine des terres du Limousin », porcelaine dure, Limoges, 1771 (musée national Adrien Dubouché). Photo : Musée national Adrien Dubouché, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Après la Révolution, les fabriques privées se multiplient. Au XIXe siècle, plusieurs maisons dont les noms se lisent encore sous les assiettes voient le jour : l’Américain David Haviland s’installe en 1842 et produit pour le marché des États-Unis, Charles Field Haviland crée sa propre fabrique en 1859, Bernardaud naît en 1863. Au début des années 1890, Théodore Haviland quitte l’entreprise familiale et fonde sa propre manufacture.

Les dates clés de la porcelaine de Limoges

  • Découverte du kaolin 1767 ou 1768

    À Saint-Yrieix-la-Perche. 1767 selon Wikipédia FR, 1768 selon d'autres sources.

  • Première manufacture de Limoges 1771

    Fondée par les frères Grellet et Massié-Fournérat.

  • Titre de manufacture royale 1784

    Après dix ans sous la protection du comte d'Artois.

  • Arrivée de David Haviland 1842

    Il fonde l'entreprise qui deviendra Haviland & Co.

  • Création de Bernardaud 1863

    Léonard Bernardaud, entré comme apprenti, en devient ensuite l'associé.

  • Musée devenu national 1881

    L'État reprend le musée de Limoges, qui porte le nom d'Adrien Dubouché.

  • Indication géographique INPI 1er déc. 2017

    Fabrication et décor obligatoirement en Haute-Vienne.

  • Protection européenne mai 2026

    Première indication géographique artisanale et industrielle de l'UE.

Marques et « poinçon » : lire le dessous d'une porcelaine de Limoges

Sous une porcelaine de Limoges, on trouve en général deux marques : la marque du fabricant et la marque du décorateur. La fondation des collectionneurs Haviland le résume ainsi : si seule la marque du fabricant apparaît, la pièce a probablement été décorée ailleurs. La marque de fabrique est imprimée sous l’émail, le plus souvent en vert ; la marque de décor est appliquée sur l’émail, dans des couleurs variées (toujours en rouge chez GDA, par exemple).

Beaucoup d’internautes parlent de « poinçon de porcelaine de Limoges ». Le terme est impropre : il s’agit d’un tampon imprimé, pas d’un poinçon frappé dans le métal comme sur l’orfèvrerie. Si vous cherchez à identifier une pièce d’argenterie, consultez plutôt notre guide des poinçons de l’argent et du métal argenté.

Revers d'une assiette avec une petite marque verte et la marque L.R.L. Limoges France sous un emblème
Double marque : Alfred Lanternier pour la fabrique, L.R.L. pour le studio de décoration Lazeyras, Rosenfeld & Lehman, actif à Limoges du début du XXe siècle aux années 1920. Photo : Illarion Kalashnikov, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Que garantit la mention « Limoges France » ?

La mention « Limoges France » garantit seulement que la pièce se présente comme produite à Limoges ; elle ne dit rien de son âge ni de sa valeur. Le tampon vert de chrome « Limoges France », accompagné des initiales ou du symbole du fabricant, est encore utilisé aujourd’hui. Une pièce marquée ainsi peut donc être récente.

Pour les pièces anciennes, la protection était plus floue. Un jugement du tribunal de commerce de Limoges a réservé en 1962 le nom « Limoges » à la porcelaine fabriquée et décorée à Limoges. Avant cette date, et a fortiori au XIXe siècle, une pièce blanche sortie d’une fabrique de Limoges pouvait être décorée ailleurs, par exemple à Paris. Seule l’indication géographique de 2017 interdit désormais d’importer des pièces blanches pour les décorer à Limoges, ou de décorer ailleurs une pièce fabriquée à Limoges.

Revers blanc d'une assiette Haviland à bord festonné avec une petite marque imprimée au centre
Revers d'une assiette Haviland de Limoges datée de 1888-1896 : la marque, discrète, est imprimée au centre. Photo : Rabbi Mendl, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Lire une marque en trois questions

  • Combien de marques ? Une marque de fabrique verte et une marque de décor : la pièce a été fabriquée et décorée par des maisons identifiables. Une seule marque verte : le décor vient probablement d’ailleurs.
  • Quel nom ? Haviland, Théodore Haviland, GDA, Bernardaud, Raynaud, Pouyat, Ahrenfeldt, A. Lanternier : notez-le tel quel, avec les initiales et les symboles.
  • Quels mots en plus ? « France », « Déposé », un nom de décor : ils aident à dater et à rapprocher la pièce d’un catalogue de marques.

La marque de fabrique est le meilleur indice pour dater une porcelaine de Limoges, parce que chaque maison a changé de tampon au fil des décennies. Voici les repères les plus sûrs que nous avons pu vérifier, pour les maisons que l’on rencontre le plus souvent en brocante.

Repères de datation par marque

  • Haviland & Co, marques de fabrique vertes 1876-1931

    Marques imprimées sous l'émail, selon la fondation internationale des collectionneurs Haviland.

  • Haviland & Co, marques de décor av. 1876 à 1931

    Marques de couleurs variées posées sur l'émail. La combinaison la plus courante associe une marque verte de 1894-1931 à une marque de décor employée jusqu'en 1931.

  • Théodore Haviland 1892-1967

    Manufacture fondée par le fils de David Haviland après la séparation des deux frères en 1891.

  • Charles Field Haviland, marque GDM 1891

    GDM pour Gérard, Dufraisseix et Morel. Marque datée de 1891 par la fondation des collectionneurs Haviland.

  • « GDA France », vert sous émail v. 1900-1941

    Gérard, Dufraisseix et Abbot : la marque change lorsque Abbot devient associé, en 1900.

  • « B&C° France » 1900-1927

    Marque de Bernardaud selon la maison de ventes Millon.

  • « Bernardaud & C° Limoges », « Bernardaud Limoges » dès 1920

    Signatures en toutes lettres, toujours selon Millon.

  • « Limoges-unique France » années 1930

    Marque collective accompagnée d'un marquage propre au fabricant, abandonnée à la fin des années 1930.

  • Logo ou mention de l'indication géographique après 2017

    Pièce fabriquée et décorée en Haute-Vienne selon le cahier des charges homologué.

Sources : Haviland Online (avec l’accord de la Haviland Collectors Internationale Foundation), collection de Point Ellice House (Canada), maison de ventes Millon, Wikipédia, INPI.

Deux réserves s’imposent. D’abord, une marque date la fabrication du blanc, pas forcément le décor, qui a pu être posé plus tard. Ensuite, pour Ahrenfeldt, A. Lanternier ou Raynaud, les dates de marques varient d’un répertoire à l’autre : fiez-vous à un catalogue spécialisé ou à un expert.

Marque verte France, monogramme CA et Déposé imprimée sous une pièce en porcelaine blanche
Marque de la manufacture Charles Ahrenfeldt, à Limoges : monogramme CA entre les mots « France » et « Déposé ». Photo : Tess Mattew, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Valeur de la porcelaine de Limoges ancienne : quel prix en 2026 ?

La plupart des services en porcelaine de Limoges valent peu. Les résultats récents publiés par la maison de ventes Millon montrent un service à thé adjugé 20 € en novembre 2025, une partie de service Haviland & Co à 100 € et des lots courants entre 40 et 250 €. Millon indique que ses estimations commencent à 10 €. Le même article affirme pourtant que la porcelaine courante se vend « quelques centaines ou milliers d’euros » : ses propres résultats montrent que le bas de cette fourchette est le cas le plus fréquent.

Prix constatés aux enchères

  • Service à thé en porcelaine de Limoges 20 €

    Millon, vente du 18 novembre 2025.

  • Service à café Théodore Haviland et 11 assiettes à dessert est. 10 à 30 €

    Estimation affichée pour un lot à venir, consultée en octobre 2026.

  • Partie de service Haviland & Co 100 €

    Millon, vente du 29 novembre 2025.

  • Partie de service Haviland, fin du XIXe siècle 120 €

    Vendue avec éclats, estimée 20 à 30 €. Millon, octobre 2022.

  • Service à café Jammet-Seignolles, 27 pièces 140 €

    Production contemporaine, très bon état. Crédit municipal de Paris, mai 2023, hors frais.

  • Service de table Bernardaud « Vannerie », 116 pièces 1 750 $

    Hindman (États-Unis), octobre 2022, frais compris.

  • Service japonisant Haviland d'après Félix Bracquemond 6 800 €

    Vers 1879, vendu en novembre 2012.

  • Service Haviland, motif « Louveciennes » 16 000 €

    XXe siècle.

  • Service Raynaud & Cie 37 000 €

    Adjugé en 2020 ; un autre service Raynaud a atteint 18 000 €.

Sources : maison de ventes Millon (article « Porcelaine de Limoges : prix et estimation gratuite » et fiches de lots), Crédit municipal de Paris, Gazette Drouot, Hindman. Prix donnés à titre indicatif.

Quel prix pour un service en porcelaine de Limoges des années 1970 ?

Nous n’avons pas trouvé de résultat de vente publié qui concerne précisément un service des années 1970. Les services courants relevés ici, dont un service à café contemporain complet de 27 pièces, se sont vendus entre 20 et 140 € environ. Un service de cette époque sans signature d’artiste ni décor recherché a donc toutes les chances de rester dans cette zone, surtout s’il est incomplet.

Valeur d'une assiette ou d'un service à café en porcelaine de Limoges

Les assiettes courantes se vendent surtout en lot ou avec le service : dans l’exemple ci-dessus, un service à café Théodore Haviland et ses onze assiettes à dessert étaient estimés 10 à 30 € au total. Les exceptions tiennent au décor : les assiettes japonisantes dessinées par Félix Bracquemond pour Haviland figurent aujourd’hui dans les collections de musées. Pour un service à café courant, les deux exemples relevés vont d’une dizaine d’euros à 140 € pour un service complet de 27 pièces.

Haviland, Raynaud, Bernardaud : la marque fait-elle le prix ?

Une grande marque ne garantit pas un prix élevé. Les records Raynaud (37 000 €) et Haviland (16 000 €) cités par Millon concernent des services exceptionnels, tandis que des parties de service Haviland se vendent 100 à 120 €. La marque compte surtout quand elle s’ajoute à d’autres atouts :

  • un décor signé ou recherché, comme les modèles japonisants d’après Bracquemond ;
  • un service complet, avec ses plats et ses pièces de forme ;
  • un bon état : selon Millon, une légère usure de la dorure ne déprécie pas forcément la pièce, contrairement aux éclats et aux fêles ;
  • une provenance documentée (armoiries, commande officielle, grande collection).

Faux, copies et décors rapportés : les pièges à éviter

Le premier piège n’est pas la contrefaçon, mais le décor rapporté : un blanc authentique de Limoges décoré ailleurs, parfois bien plus tard. Les fabriques vendaient des pièces blanches à des décorateurs ; Millon cite par exemple les « blancs de Pouyat ». Une pièce qui ne porte que la marque verte du fabricant n’a donc pas forcément été décorée à Limoges, ni à la même époque.

Faux et pièges les plus courants

  • Le mot « Limoges » seul. Les contrefaçons de porcelaine de Limoges sont documentées depuis des décennies. Un tampon vague, sans nom de fabricant, ne prouve rien.
  • Une marque verte sans marque de décor. Le blanc est de Limoges, le décor peut venir d’ailleurs : la valeur se juge alors sur la qualité du décor.
  • Une date affichée par le vendeur. « XIXe siècle » sur une étiquette ne vaut rien sans une marque lisible, rapprochée d’un répertoire.
  • « Limoges France » pris pour un gage d’ancienneté. Ce tampon est toujours utilisé aujourd’hui.

Pour comparer, rapprochez votre pièce d’autres vaisselles que l’on trouve sur les mêmes stands : la vaisselle de Digoin et Sarreguemines, en faïence fine, ou la porcelaine et la faïence Villeroy et Boch. Le verre opalin de la vaisselle Arcopal se confond parfois, de loin, avec une porcelaine blanche : il n’a pourtant rien à voir avec Limoges.

Où voir, faire estimer et vendre une porcelaine de Limoges

Pour se faire l’œil, la référence est le musée national Adrien Dubouché, 8 bis place Winston-Churchill à Limoges. Fondé en 1845 et devenu national en 1881, il porte le nom d’Adrien Dubouché, qui l’a dirigé bénévolement à partir de 1865 et a enrichi ses collections. Il conserve près de 18 000 œuvres et relève depuis 2025 des Manufactures nationales, Sèvres et Mobilier national.

Façade du musée national Adrien Dubouché à Limoges, avec son jardin et sa cour pavée
Le musée national de la porcelaine Adrien Dubouché, à Limoges. Photo : Calips, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Pour chiner, les déballages de la Haute-Vienne offrent le plus grand choix, mais on trouve de la porcelaine de Limoges dans toutes les brocantes de France : consultez l’agenda des brocantes pour repérer celles qui sont proches de chez vous.

Pour une estimation, photographiez la pièce de face, son revers avec les marques bien lisibles et les éventuels défauts, puis envoyez le tout à un commissaire-priseur. Plusieurs maisons, dont Millon, estiment gratuitement en ligne. Pour un service courant, une annonce ou un stand de vide-grenier suffit ; pour un service signé ou très complet, la salle des ventes offre la meilleure visibilité.

À lire aussi : notre guide des objets de brocante qui valent de l’argent et toutes nos fiches vaisselle et arts de la table.

Questions fréquentes

Est-ce que la porcelaine de Limoges a de la valeur ?

Rarement beaucoup. Les services courants en porcelaine de Limoges relevés dans les résultats récents de Millon se sont vendus entre 20 et 250 € aux enchères. La valeur monte pour les grandes maisons associées à un décor recherché, un service complet ou une provenance : un service japonisant Haviland d’après Bracquemond a atteint 6 800 € et un service Raynaud & Cie 37 000 € en 2020.

Retournez la pièce et cherchez deux marques : la marque de fabrique, généralement verte et sous l’émail, et la marque du décorateur, posée sur l’émail. Un nom identifiable comme Haviland, GDA, Bernardaud ou Raynaud est bon signe. Pour la production récente, la mention de l’indication géographique « Porcelaine de Limoges » garantit une fabrication et un décor en Haute-Vienne.

Parmi les marques les plus fréquentes sous les pièces anciennes figurent Haviland & Co, Théodore Haviland, Charles Field Haviland puis GDA, Bernardaud, Raynaud, Pouyat, Charles Ahrenfeldt et A. Lanternier. Chaque maison a utilisé plusieurs tampons successifs, ce qui permet de dater la fabrication. Notez la marque exactement, avec ses initiales et ses symboles, avant de consulter un répertoire.

La mention « Limoges France » indique que la pièce se présente comme fabriquée à Limoges, sans rien dire de son âge. Le tampon vert « Limoges France », accompagné des initiales du fabricant, est encore utilisé aujourd’hui. Il ne faut donc pas le confondre avec une preuve d’ancienneté ni de valeur : seuls le nom du fabricant, la version de la marque et le décor permettent de situer la pièce.

En général peu de chose. Nous n’avons pas trouvé de résultat publié propre aux années 1970, mais les services courants relevés aux enchères, dont un service à café contemporain de 27 pièces, se sont vendus entre 20 et 140 € environ. Un service complet, en très bon état et d’une maison connue peut faire mieux ; un service incomplet ou abîmé se vend moins bien.

Un service à café courant vaut en général de quelques dizaines à 150 € environ d’après les exemples relevés. Un service à café Théodore Haviland accompagné de onze assiettes à dessert était estimé 10 à 30 € en 2026, et un service Jammet-Seignolles de 27 pièces a été adjugé 140 € hors frais en 2023 au Crédit municipal de Paris. Un décor signé ou un état parfait peuvent faire monter le prix.

Les commissaires-priseurs, les brocanteurs, les dépôts-ventes et les particuliers via les petites annonces. Pour une pièce de qualité, commencez par une estimation gratuite auprès d’une maison de ventes : envoyez des photos de face, du revers et des défauts. Pour un service courant, une annonce en ligne ou un stand de vide-grenier suffit généralement. Comparez d’abord avec les prix réellement obtenus aux enchères.

Personne ne l’a inventée seul. La porcelaine de Limoges naît de la découverte d’un gisement de kaolin à Saint-Yrieix-la-Perche, attribuée au chirurgien Jean-Baptiste Darnet en 1767 selon Wikipédia (1768 selon d’autres sources). La première manufacture est fondée à Limoges en 1771 par les frères Grellet et Massié-Fournérat, avant de devenir manufacture royale en 1784.

À retenir

Face à une porcelaine de Limoges ancienne, le bon réflexe tient en trois gestes : retourner la pièce, lire les deux marques, vérifier l’état. Un nom comme Haviland, GDA ou Bernardaud permet de dater la fabrication ; la mention « Limoges France » seule ne prouve rien. Dans la plupart des cas, votre service vaudra quelques dizaines à quelques centaines d’euros ; plus rarement, un décor signé ou un service d’exception mérite l’avis d’un commissaire-priseur. Pour continuer à chiner, parcourez nos fiches d’objets de brocante.

Sources et crédits

Crédits photo

  • Assiette plate en porcelaine blanche décorée d'oiseaux et de feuillages, service Fleurs et oiseaux japonais : Bracquemond, Félix (Paris, 22–05–1833 – Sèvres, 29–10–1914), auteur du modèle, CC0, Wikimedia Commons
  • Médaillon en porcelaine blanche portant l'inscription Première porcelaine des terres du Limousin et la date MDCCLXXI : Musée national Adrien Dubouché, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
  • Revers d'une assiette avec une petite marque verte et la marque L.R.L. Limoges France sous un emblème : Illarion Kalashnikov, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
  • Revers blanc d'une assiette Haviland à bord festonné avec une petite marque imprimée au centre : Rabbi Mendl, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
  • Marque verte France, monogramme CA et Déposé imprimée sous une pièce en porcelaine blanche : Tess Mattew, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
  • Façade du musée national Adrien Dubouché à Limoges, avec son jardin et sa cour pavée : Calips, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Fiche rédigée par la rédaction de Brocnote, mise à jour le 18 octobre 2026. Les fourchettes de prix sont des ordres de grandeur constatés en vente et en salle des ventes : elles varient selon l’état, la rareté et le lieu de vente.

Où le chiner près de chez vous ?

Les brocantes et les marchés aux puces, où exposent les marchands professionnels, restent les meilleurs endroits pour dénicher ce type d'objet. Ce week-end, 74 brocantes, vide-greniers et marchés aux puces sont annoncés sur Brocnote. Voici les départements les plus actifs en ce moment.

Voir les brocantes du week-end →

Corentin
Corentin a créé Brocnote pour réunir au même endroit un agenda fiable des brocantes et des vide-greniers, et des fiches claires sur les objets qu'on y chine. Il s'intéresse aux objets anciens et à leur histoire, ceux qui passent de main en main et de génération en génération. Chaque fiche cite ses sources, date ses prix et signale ce qui reste incertain.

Fiche objet

  • Type d'objet : Porcelaine dure : services de table, services à café et à thé, assiettes, vases, boîtes, bonbonnières
  • Période / époque : Depuis 1771 · âge d'or industriel : seconde moitié du XIXe siècle et début du XXe siècle
  • Matière / matériaux : Porcelaine dure à base de kaolin, cuite à haute température · marque de fabrique sous émail, marque de décor sur émail
  • Signature / marque : Double marque : fabrique (verte, sous émail) et décor (sur émail) · Haviland, Théodore Haviland, GDA, Bernardaud, Raynaud, Ahrenfeldt…
  • Origine géographique : Limoges et Haute-Vienne (87) · kaolin découvert à Saint-Yrieix-la-Perche
  • Estimation : 20 à 250 € la plupart des services courants · 1 000 à 2 000 € un beau service de marque · jusqu'à 37 000 € les records
  • Rareté : Très commun (services du XXe siècle) · recherché (Haviland japonisant, Pouyat) · rare (services d'exception)
Notes & conseils :
  • Retournez la pièce : la marque verte désigne la fabrique, l’autre marque le décorateur.
  • « Limoges France » seul ne prouve pas l’ancienneté.
  • Un service complet et sans éclat se vend mieux que des pièces isolées.
  • Pour une pièce signée ou un grand service, demandez l’avis d’un commissaire-priseur.

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